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››› Collections spéciales
La Fondation a acheté récemment une collection de cartes postales qui portent essentiellement sur le Maroc. Cette collection appartenait à Hassan BOUAYYADE, collectionneur casablancais qui a passé une bonne partie de sa vie à constituer cette collection, à la soigner et à la classer avec tout ce que cela comporte comme passion, repérage, voyages, marchandages, etc. « Cette collection amassée durant 35 années et recherchée avec passion, amour et assiduité a été collectionnée à travers le monde via des collectionneurs acharnés et par des spécialistes en la matière » commentait fièrement BOUAYYADE.
Elle se compose de plus de 6.000 cartes postales et de 2.000 photos. La collection relativement homogène et en bon état, concerne essentiellement les villes marocaines pendant la période coloniale. Il y a même des photos qui datent d’avant cette période. Une carte postale sur la ville d’El-Jadida (Mazagan), par exemple, date de 1899. Néanmoins, la quasi-totalité des cartes postales et des photos de la collection ont été éditées durant la période coloniale et portent des signatures de photographes illustres de l'époque tels que Flandrin, Greber, Dieulefils et autres. La collection est classée, grosso modo, par thème dans des albums de photos. Une classification qui s’est faite d’abord par zones géographiques (ville, région), puis par quartiers. La valeur de cette collection de cartes postales ne se réduit pas à sa seule dimension artistique et esthétique. Les cartes postales sont une source riche en informations sur le Maroc colonial. Il s’agit d’une photographie instantanée qui offre un ensemble d’informations visuelles sur les costumes de l’époque, l’artisanat, le rituel, l’architecture, etc. La carte postale, comme support d’information La collection des cartes postales est également un support qui : – Traduit des vues panoramiques d’une partie d’une ville comme Casablanca : quartiers, équipements cultuels (mosquées et églises), culturels, administratifs, essentiellement le centre-ville (ex-ville européenne), la Nouvelle-médina (quartier des Habous et ex-ville « indigène »), la cité de Aïn Chock à Casablanca qui était prévue pour le recasement de la population du bidonville de Ben M’sik. – Immortalise des vues instantanées d’une population à travers ses coutumes et ses costumes de l’époque (les années 20 et 30 plus particulièrement), sa vie sociale et économique (les hammams, le quartier réservé de Bousbire à Casablanca, la halqa avec ses conteurs, les ateliers de broderie, les épiciers, les cireurs, les relieurs, les tisserands, les marchands d’eau, de céréales, de bestiaux, de bois … les souks ruraux, les cimetières, etc. – Informe sur le début de la conquête militaire coloniale en 1907, ou encore sur les statues qui meublaient les espaces urbains de la « ville européenne », celle du maréchal Lyautey, du général Leclerc, etc. – Met également en relief les représentations sociales des photographes porteurs de mythes orientaux et des utopies des aventures coloniales qui nourrissaient l’imaginaire exotique des Européens. Mais, par delà cette « vérité historique et géographique » visible, la collection de Hassan Bouayyade offre également des cartes postales « voyagées » avec des informations rédigées par l’expéditeur sur le dos de la carte postale. |