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La Fondation du Roi Abdul Aziz une institution scientifique et de documentation spécialisée dans les études maghrébines  et dans l'Occident musulman

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L’activité scientifique et culturelle

 Activités Scientifiques et Animation Culturelle en 2002

L’année universitaire 2001-2002 a été très riche en rencontres scientifiques et culturelles. La page de ce site sur l'activité scientifique  en rend amplement compte. Ces rencontres se sont déroulées suivant trois modalités : des ateliers de recherche, des colloques, des tables rondes et conférences.

 i - Ateliers de recherche

Trois ateliers de recherche ont été programmés à ce jour :

– « Le développement local à l’épreuve de la mondia­lisation » ;

– « Pour un renouveau de la pensée arabo-musul­mane contemporaine » ;

– « Une morale séculière est-elle possible et même souhaitable ? »

Les argumentaires des différents ateliers et la liste des chercheurs qui y participent sont publiés parmi les maté­riaux du programme scientifique de la Fondation que l’on peut consulter sur le site Internet susmentionné.

* Le développement local à l’épreuve de la mondialisation

- Coordination scientifique : Driss Khrouz - Univer­sité Mohammed V, Rabat.

Le séminaire final de cet atelier, engagé en 2001, s’est tenu les 14 et 15 février 2002. Les chercheurs y ont  présenté les résultats de leurs travaux et confronté leurs idées. La problématique de l’atelier se présente comme suit : la mondiali­sation des échanges, sous l’emprise de la spécu­lation financière internationale, incite à un nouvel examen des questions économiques et surtout du développement. Il est indispensable et urgent d’accorder un intérêt particulier au développe­ment local et à l’économie solidaire, notamment au Maroc. Cette problématique a été déclinée en trois axes : 1) les approches globales de l’économie soli­daire et du développement local ; 2) les dyna­miques locales du développement et la mondiali­sation ; 3) les acteurs de l’économie solidaire : enjeux et implications.

Cet atelier, dont les travaux seront publiés au début de l’année 2003, a réuni des chercheurs universitaires de disciplines diverses, des experts, ainsi que des acteurs administratifs et associatifs. 

 

* Pour un renouveau de la pensée arabo-musul­mane contemporaine

- Coordination scientifique : Mounsef Ben Abdeljalil – Université Mennouba, Tunis.

Le séminaire inaugural de cet atelier a eu lieu au siège de la Fondation les 23, 24 et 25 janvier 2002.

Thématique : le projet de recherche sur le renou­veau de la pensée arabo-musulmane contempo­raine retenu pour cet atelier fait partie des tenta­tives visant à pro­duire une nouvelle approche du texte et des faits reli­gieux dans toutes leurs com­posantes et leurs produits dérivés dans le monde arabo-musulman. Cette recher­che se fera selon quatre axes :

- L’étude du fait religieux par rapport à ses fonc­tions traditionnelles et par rapport aux nouvelles fonctions demandées ;

- L’étude du fait constitutionnel à la recherche des res­semblances ou des dissemblances entre l’ordre social et l’ordre législatif ;

- L’analyse de la question esthétique et plus parti­culiè­rement dans la littérature et la critique litté­raire ;

- La contribution des sciences sociales en ce qu’elles sont un moyen valable de renouveau de la pensée arabo-musulmane dans son ensemble.

* Une morale séculière est-elle possible et même souhaitable ?

- Coordination scientifique : Jean-Noël Ferrié, CEDEJ, Le Caire.

 Le séminaire d’ouverture de cet atelier s’est tenu au siège de la Fondation les 16 et 17 avril 2002. Sa théma­tique peut se résumer ainsi :

La religion est-elle nécessaire à la morale ou peut-il exister une morale séculière et quelle sorte de morale est-ce alors ?  Question que l’atelier se propose de mettre en débat à propos des « sociétés musulmanes » entendues non comme ce monde clos de l’Islam, décrit par les orientalistes, mais comme des sociétés dont les membres se reconnaissent « musulmans » et où il y a un attachement à un certain référentiel islamique. Il s’agit de promouvoir une description du méca­nisme actuel de la présence de cette référence et de la diffi­culté à s’en passer pour traiter les ques­tions morales. La possibilité d’une morale sécu­lière paraît paradoxa­lement difficile à envisager, certains objets de la morale s’avérant difficiles à considérer à partir d’un système éthique. D’où le paradoxe, jusqu’à un certain point, de la rationali­sation de l’attitude réformiste dans les socié­tés musulmanes.

  

 

ii – Colloques

L’année universitaire 2001-2002 a été marquée par la tenue d’une série de colloques qui ont porté sur le lien social, sur l’écriture au Maghreb et sur la sémantique et l’épistémologie.

* Le lien social

(Journées d’études euro-arabes )

- Coordination scientifique du projet : Ali Benmakhlouf, Paris X. - Antonia Soulez, Collège Int. de Ph., Paris.

Cette rencontre organisée les 4 et 5 octobre 2001  s’inscrit dans le cadre de la convention passée en 1993 entre le Collège international de philosophie et la Fon­dation du Roi Abdul Aziz pour les études islamiques et les sciences humaines. Elle est le second volet de celle qui a eu lieu à Paris les 6 et 7 novembre 2000 sur « La participation politi­que ».

Argumentaire : Dans les pays arabes et plus par­ticuliè­rement au Maroc, la question du lien social s’articule à celle de la place de la religion dans la société. Com­ment le credo religieux se propage-t-il en lien social ? Quelle est la dynamique de la foi dans les réalisations d’ordre public ?

Si nous confrontons ces questions à celles qui suppo­sent un contexte européen, nous voyons se profiler des problématiques renouvelées du Spi­noza du « Traité théologique-politique » ou, de façon plus contempo­raine, des problématiques qui cherchent à saisir ce qui unit les gens dans la sphère publique et qui ne serait pas tributaire du modèle véhiculé par Athènes, Rome ou Jérusa­lem. Il s’agit de mener une analyse comparée des trois grandes figures de la philosophie politique contemporaine du XXe siècle : H. Arendt, H. Jo­nas, L. Strauss.

 

* Sémantique et épistémologie

- Coordination scientifique : Hourya Bennis Sinaceur, CNRS (Paris) et IURS (Rabat).

Sémantique et épistémologie est le thème du col­loque international organisé par la Fondation entre les 24 et 26 avril 2002, sous le Haut Patronage de Sa Majesté Le Roi Mohamed VI,  en hommage à Mme Hourya Ben­nis Sinaceur. Ce colloque a ré­uni d’éminents spécialis­tes en la matière qui sont venus du Monde arabe, d'Europe, des États-Unis et du Ja­pon. 

Argumentaire :  Ce colloque s’est attaché à

1- mettre en lumière les liens de la tradition sé­manti­que en philosophie, dans le premier tiers du XXe siè­cle, avec la constitution de la méthode sémantique en ma­thématiques et en logique ma­thématique ;

2- étudier plus particulièrement les apports d’Alfred Tarski et de la théorie des modèles telle qu’il l’a élabo­rée en conjuguant la logique algébri­que (Boole, Peirce, Schröder, Löwenheim, Skolem), l’analyse logique de Frege, les idées de Hilbert et le formalisme intuitif de Lesniewski.

Journées d’études et expositions relatives à l’histoire des écritures dans l’espace maghrébin 

C’est l’intitulé du programme d’étude et d’expositions arrêté pour l’année 2002.

Argumentaire : l’étude des caractères et des for­mes d’écriture tant au niveau matériel (codécolo­gie) qu’aux plans esthétique et cognitif permet aujourd’hui de mieux comprendre les civilisations et la spécificité des apports culturels et artistiques des peuples.

 Le caractère arabe a été l’objet, durant les derniè­res décennies, d’un intérêt international certain. Toutefois un tel intérêt a visé particulièrement la dimension es­thétique de ce caractère (la calligra­phie) et s’est préoc­cupé essentiellement de quel­ques expressions calligra­phiques à caractère dé­coratif.

Dans cette perspective, force est de constater que l’apport de l’Occident musulman (Al Andalus et le Mag­hreb) à l’élaboration de l’écriture arabe n’a pas fait l’objet d’études scientifiques rigoureuses et diversifiées qui mettent à la portée des cher­cheurs et du public le plus large la connaissance du processus historique de sa constitution et de ses caractéristiques esthétiques et fonctionnelles. Et ce en dépit de la diversité et de la ri­chesse de la contribution de cet espace à l’héritage arabe en la matière et malgré l’enracinement historique pro­fond de ses expériences scripturaires.

* Les premières sources de l’écriture au Maghreb 

- Coordination : Ahmed Siraj, Université Has­san II, Mohammadia.

Rencontre tenue les 17 et 18 janvier 2002 sur : « Les premières sources de l’écriture au Mag­hreb ». Elle a mis en exergue la richesse linguisti­que de la région. Elle a montré à travers les diffé­rentes interventions, illustra­tions et aussi par le biais de l’exposition photo­graphique, les débuts de l’écriture dans cette vaste région qu’il s’agisse de la forme symbolique ou des écritures libyque, néopunique et tifinagh.

Argumentaire : Le multilinguisme est un fait qui a tou­jours marqué le Maghreb. Depuis les Phéni­ciens, en passant par les Carthaginois, les Ro­mains, les Arabes, les Turcs, etc., il y a eu tou­jours au Maghreb des groupes sociaux, selon les zones, qui pratiquaient plus ou moins bien deux idiomes, sinon plus.

L’écriture du Maghreb n’a pas connu une phase pré-alphabétique comme c’est le cas dans le pro­cessus classique du développement de l’écriture (idéogram­mes, syllabaires). Pourtant, depuis le début de la pé­riode caballine, l’art rupestre nord-africain passe à un système géométrique qui se généralisera au cours de la période protohistori­que et s’étendra à toutes les ré­gions de l’Afrique du Nord.

 

 

* Les écritures qui ont migré au Maghreb

- Coordination scientifique : Mohamed Hocine Fan­tar, Institut national du patrimoine, Tunis.

Ce colloque organisé les 18-19 avril 2002 a porté  sur les écritures et leur diffusion au Maghreb. Cette ren­contre qui a réuni des spécialistes mag­hrébins et euro­péens du phénicien, du punique et du latin a été aussi l'occasion d'une belle exposition de documents ar­chéologiques importants.

Argumentaire : avec la densification de leur pré­sence, l’écriture des Phéniciens s’est répandue sous des for­mes différentes et adaptées à l’espace, au temps, au support et à l’outil utilisé pour écrire.

Au Maghreb l’écriture punique a dominé des siè­cles durant pour ne connaître la récession qu’avec la chute de Carthage en 146 avant J.-C., sans  pour autant dis­paraître. Au contraire, elle a fort bien résisté dans les villes et les campagnes. Après la conquête romaine, l’écriture punique subit les effets de la récession, cé­dant la place à l’écriture latine qui, dès lors, s’empare de la rue, des temples et des espaces civils, militaires, pu­blics et privés. Les Nord-Africains se romanisent et, de ce fait, maîtrisent la langue latine, tant pour l’expression que pour l’écriture. Pour en témoi­gner, rien n’est plus probant que le nombre consi­dérable d’inscriptions latines recueillies partout au Maghreb. Il faut leur ajou­ter les œuvres lé­guées par des auteurs romano-mag­hrébins dans les différents domaines du sacré et du profane.

Au Maghreb, l’écriture latine a revêtu des formes et adopté des systèmes qui ont changé avec les époques, les thèmes traités, les supports choisis comme le papy­rus, la cire, la mosaïque, les stè­les, le plâtre, etc. Ces formes et systèmes ont dû s’adapter aux outils utilisés pour écrire : ca­lame, stylet et autres. La lettre latine est restée vivante au Mag­hreb jusqu’à l’aube de la période arabo-islamique. Il faut, par ailleurs, prendre en compte l’écriture grecque dont la présence au Maghreb relève à la fois du conjoncturel et du structurel.

 

iii - Tables rondes et conférences

Une série de rencontres portant sur des thèmes variés se sont déroulées au siège de la Fondation en 2002.

* Le 18 février 2002 : une rencontre philosophique s’est tenue au siège de la Fondation à l’occasion de la publi­cation de la traduction arabe de l’ouvrage du profes­seur Joseph Seifert intitulé « Dieu comme preuve de sa propre existence : refondation phé­noménolo­gique de la preuve anthologique. » L’auteur soutient qu’il existe des éléments qui peuvent être considérés comme un dénominateur commun entre les religions mono­théistes, fondement d’un rap­prochement néces­saire entre les tenants de ces reli­gions.

Il a été question lors de cette rencontre du besoin pour la sphère de l’Islam d’étudier la philosophie théologi­que occidentale et de multiplier les op­portunités d’échange entre les deux sphères culturelles. On n’a pas manqué à cette occasion de rappeler le chemine­ment de l’enseignement de la philosophie au Maroc, l’impact que l’existentialisme et le marxisme ont eu sur la prati­que philosophique dans le monde arabe. L’ouverture, par le biais de l’arabe, sur la philoso­phie allemande et notamment sur la phénoméno­logie ré­aliste est considérée comme un fait très positif.

* Le 13 mars 2002, a eu lieu la présentation à la salle de conférences de la Fondation du dernier numéro spécial de la revue Fikrun Wa Fann par Mr. Stefen Weidner. Ont participé à cette ren­contre, entre autres,  les intellectuels et cher­cheurs Ahmed Taoufiq, histo­rien, Mohamed Tozy, politologue, et le poète Moha­med Ben­nis. Le dé­bat a fait ressortir le drame vécu par le peuple palestinien et le besoin de remettre les évène­ments du 11 septembre dans leur vrai contexte.

* Le 8 mai 2002, Le Professeur René Gallissot a donné une conférence  au siège de la Fondation et ce  à l'occasion de la parution de son ouvrage :  « Le Maghreb de traverse ». Observateur privilégié de l'évolu­tion politique du Maghreb depuis l'indépen­dance de ses pays, R. Gallissot a soumis au débat quelques-unes de ses réflexions sur les dynami­ques profondes socio-économiques et culturelles qui ont présidé et qui président à l'évolution des structures politiques et à la démarche des acteurs au Maroc. 

* Le 30 mai 2002,  une rencontre scientifique au­tour du thème « Science et spiritualité » a eu lieu au siège de la Fondation. Cette rencontre a été organisée par la Fondation en collaboration avec l’Université Interdisciplinaire de Paris en rapport avec le programme intitulé « Science and Spiritual Quest » initié par la Fon­dation Templeton. Les interventions ont porté sur la place de l’homme dans l’univers depuis ce que l’on appelle le Big Bang, sur les défis de la cos­mologie moderne, sur un questionnement des origines de l’Homo Sapiens et enfin sur le « dialogue transculturel ».

Le débat qui a suivi les interventions a été des plus animés et des plus  instructifs.

Ont participé à cette rencontre de grands spécialistes de la physique, de l’astronomie, de la biologie, de la génétique et de la linguistique.

 

 

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